Le 6 novembre 2026, le Sénat a adopté une modification du Code de procédure pénitentiaire qui élargit le champ d'application du Système de Surveillance Électronique (SDE). La loi, élaborée au sein du Ministère de la Justice, permet à un plus grand nombre de condamnés d'effectuer la partie finale de leur peine de privation de liberté en dehors des murs des établissements pénitentiaires. L'objectif principal de cette réforme est d'alléger l'infrastructure pénitentiaire, de réduire les dépenses publiques et d'augmenter l'efficacité du processus de réinsertion en permettant aux condamnés de maintenir des contacts avec leur famille et leur milieu professionnel.

Modification des limites temporelles et des coûts

Le changement clé introduit par la modification est l'allongement de la limite temporelle pour les personnes condamnées à des peines inférieures à trois ans. Jusqu'à présent, la possibilité de demander le SDE ne couvrait que les cas où il restait au maximum six mois à purger avant la fin de la peine. Selon les nouvelles dispositions, ce seuil est porté à un an et six mois. Les personnes condamnées à des peines n'excédant pas un an et six mois conservent le droit de demander d'effectuer l'intégralité de leur peine dans le cadre du système de surveillance électronique, ce qui ne change pas.

Le justification économique de la réforme repose sur les différences significatives de coûts de prise en charge des condamnés. Les données de 2025 indiquent que le coût mensuel moyen d'hébergement d'une personne dans un établissement pénitentiaire s'élevait à 6 929,98 PLN. À titre de comparaison, le coût mensuel de l'exécution de la peine par le SDE est d'environ 1 511,40 PLN. Grâce à cela, l'utilisation plus large du système permettra de réduire considérablement les dépenses du budget de l'État, qui, dans le cadre des économies réalisées, peuvent être affectées à d'autres domaines, tels que la prévention ou l'éducation.

Mécanisme de fonctionnement et statistiques

Le Système de Surveillance Électronique fonctionne en Pologne depuis septembre 2009. Selon les données au 6 novembre 2026, 5 647 personnes purgent leur peine dans le cadre du SDE. Depuis la mise en service du système, un total de 232 575 condamnés en ont été bénéficiaires. Le mécanisme repose sur un contrôle électronique à l'aide d'émetteurs et d'appareils de suivi. Le condamné est tenu de rester dans un lieu déterminé, le plus souvent dans son propre logement, avec la possibilité de le quitter à des heures fixées – par exemple pour aller travailler, étudier ou s'acquitter de ses obligations familiales.

L'élargissement du système ne signifie pas que les détenus seront automatiquement remis en liberté. Chaque décision est prise par le tribunal pénitentiaire ou la commission pénitentiaire, en tenant compte du respect des conditions légales. Parmi les critères pris en compte figurent : la possession d'un lieu de résidence fixe, la possibilité d'installer techniquement les appareils, le consentement des cohabitants (dans le cas des adultes) ainsi que la conduite antérieure du condamné. Cette solution a un caractère exceptionnel et non standard, ce qui garantit le maintien d'une surveillance appropriée.

Exclusions et entrée en vigueur des dispositions

La loi introduit également des exclusions claires. Le SDE ne peut pas être utilisé, entre autres, par les auteurs de récidive multiple ainsi que de criminalité professionnelle et organisée. Les condamnés ne paient aucun frais pour le dépôt de la demande ni pour l'exécution même de la peine dans le système électronique.

Les nouvelles dispositions entreront en vigueur six mois après la publication de la loi au Journal officiel. La vice-ministre de la Justice, Maria Ejchart, a souligné que le système pénal doit être juste, mais également proportionné. Maintenir le condamné en contact avec la société tout en lui imposant des obligations et un contrôle permet de limiter les effets négatifs de l'isolement et de réduire le risque de rechute dans la délinquance.